Témoignages de naissances

Naissance d'Ambre

Naissance d’Ambre le 4 avril 2017

Cette fin de grossesse m'a paru terriblement longue.
Après avoir fini de coudre la couverture pour cette petite fille qui va naître, je tourne en rond, et je me lance alors dans une couture bien plus fine: je regarde des tutos et je fais mes premiers vêtements pour enfant.
Je découvre une passion qui fait passer le temps à vitesse grand V! Heureusement, Jean-Baptiste est très présent avec les enfants, et pour me rappeler de manger et/ou de dormir!!
Plusieurs faux espoirs fin mars.Quelques heures de contractions non douloureuses mais régulières qui s’arrêtent finalement me laissant fatiguée de ne pas dormir la nuit « pour rien » .
Au bout d'un moment j'en ai assez, alors je me plonge dans ma bulle je couds et n'arrive plus à faire rien d'autre, tout m'insupporte. JB emmène régulièrement les enfants hors de la maison pour que je puisse coudre en paix ce qui me fait un bien fou!

Je passe le premier we d'avril presqu'entièrement seule, à fleur de peau, supportant mal les cris et l'agitation des enfants. Lundi soir j'ai mal au cœur, et mon ventre se durcit régulièrement. J'avale un bol de soupe et monte prendre un bain en espérant qu'il stoppe net les contractions pour ne pas passer une énième nuit à ne pas dormir et à ne pas accoucher!!!
Le bain ne calme pas mes contractions mais me détend, et je m’endors sans avoir le temps de sentir le sommeil venir!

Je me réveille vers 1:40, et me fais la réflexion que, si je me suis endormie, c'est que ce n'est pas pour cette nuit... Mais les contractions sont toujours là, et je me sens pleine d’énergie, pas vraiment comme lors d’un réveil en pleine nuit. Tiens?
Je vais immédiatement me faire couler mon deuxième bain, toujours dans l'idée de faire passer les contractions au plus vite pour pouvoir me rendormir. J'allume quand même les belles bougies que j'avais achetées pour la naissance.

Au bout de 3/4h dans le bain, je ne suis plus confortable; je n'ai pas mal, mais j'ai besoin de bouger davantage et la baignoire est trop étroite pour cela. C’est donc le moment! Ce besoin de bouger, c’est la naissance qui approche!!

À 2:45 je réveille donc Jean-Baptiste et lui demande de préparer la piscine. Je retourne dans mon bain en attendant que la piscine se remplisse.
Je passe quelques contractions au dessus des toilettes en attendant que la piscine soit prête, et les contractions hors de l’eau sont nettement plus fortes. Vers 3:30, je me plonge dans la piscine avec soulagement.

Et alors c'est parti! Je commence à avoir chaud, je m'asperge le visage avec le brumisateur, et JB m'installe une petite table avec des bananes au sucre de coco et de l'eau.
Et je sors du temps.
Je lui demande à boire, et aussi de rajouter de l’eau chaude.

Je suis dans l’instant présent, j’accueille les contractions qui montent puis qui descendent. A genoux dans la piscine, mes bras et ma tête reposant sur le large rebord entre les contractions, je sens les mouvements de notre bébé qui est en chemin pour nous rejoindre.

Et puis soudain, je me demande si la naissance approche? Est ce qu'on va devoir encore travailler longtemps? Je n’ai pas envie que ça dure encore des heures...
La réponse arrive dans la minute qui suit: mon corps se met à pousser, fort!

Etonnée par ce changement soudain, je lui dis : « attends attends, je ne suis pas prête! » Je m'assieds même pour la contraction qui vient, afin de ralentir le rythme, reprendre mon souffle et me préparer à l'accueillir.
Je préviens aussi Jean-Baptiste, que c'est le moment, mais il le savait déjà. Il avait entendu le changement dans les sons qui accompagnent mes contraction. Je lui demande d'aller chercher Raphaël et Paul qui voulaient être présents.

Et puis dès que la contraction est passée je me remets à genoux, et mon corps se remet à pousser fort. Je souffle avec mon ventre et je m'ouvre totalement. La tête sort, et, comme à la naissance de Gabriel, je suis frappée par la petitesse de ses oreilles que je caresse amoureusement.

Raphaël arrive tout endormi avec son papa et commence à se déshabiller machinalement pour venir dans la piscine. JB le sort de son sommeil en lui disant que ce n'est pas le moment de se baigner mais de voir sa petite sœur naître!

C’est un moment suspendu dans le temps, notre enfant à la fois au-dehors et au-dedans de moi, mon corps en pause pendant que bébé tourne une dernière fois. Dernière fois que je la sens bouger en moi.

Je sens la dernière contraction arriver, et dis à Jean-Baptiste d'aller vite chercher Paul ! Ils arrivent tout juste pour voir notre petite fille glisser hors de moi. Je l'attrape et la prend contre mon sein. Ses frères sont émerveillés. Nous aussi. Il est 4:57.
Elle se met à pleurer, fort ! Raphaël et Paul se bouchent les oreilles et filent se recoucher dans leur chambre. Gabriel, lui, se réveille, tout calme au début et puis complètement surexcité.

Je sors de la piscine avec mon bébé dans les bras. Une fois dehors je sens le placenta qui descend alors je m'accroupis et le laisse sortir.
Nous nous installons dans le lit tout frais, ma toute petite et moi. Avec Jean-Baptiste, le prénom d'Ambre nous paraît une évidence. Gabriel l'embrasse sans arrêt en disant "coucou Am" et ne se rendormira qu'1:30 plus tard à notre grand soulagement car nous voulons bien nous reposer nous aussi ! 

© 2017 par Aline Gosse I contact 

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